LES SECTES

Le mot secte est une désignation prêtant à polémique et non défini juridiquement.

Étymologiquement, une secte (du latin secta, dérivé du verbe sequi, qui signifie "suivre " ou selon certains étymologistes du latin sectare, qui signifie "couper " par opposition à religion, qui pourrait venir du latin religare "relier ") signifiait "un ensemble de personnes professant une même doctrine philosophique, religieuse, etc. ou un clan constitué par des personnes ayant la même idéologie ". 1

Aujourd’hui, dans le langage populaire, un groupe est appelé "secte " lorsqu’il y a des dérives dans ses activités, ses croyances, ses agissements, son comportement.

Le terme "secte " est désormais connu dans sa connotation négative de structure totalitaire dangereuse et destructrice dont les doctrines peuvent s’avérer meurtrières.

La référence à une notion religieuse ne sert qu’à revêtir un manteau d’honorabilité et à stopper net toute action à l’encontre de la secte en sommant de respecter l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’Homme qui stipule : "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion… ". Ce même article 9 qu’elle bafoue allègrement quand elle embrigade ses victimes.

Communément, de nos jours, une secte (ou mouvement sectaire, groupe sectaire, association sectaire) dénomme un groupe, sous couvert ou non d’une religion, agissant de façon coercitive et anti-démocratique, ne reconnaissant pas les lois républicaines, portant atteinte aux libertés fondamentales et aux droits de l’Homme, contraignant des individus à la soumission en utilisant des techniques d’affaiblissement et de conditionnement propres à altérer la volonté, l’esprit critique et le jugement, en créant et en exacerbant un sentiment de peur, de souffrance, un syndrome de paranoïa, de persécution, de martyr pour contrôler ses victimes et obtenir leur allégeance.

"Initialement pour l’historien des religions, une secte, c’est un groupe qui s’est détaché d’une église bien connue, par exemple, l’église catholique voyant la réforme naître va appeler les groupes protestants des sectes.
Mais le terme aujourd’hui, ne veut plus dire ça. Le terme revêt, aujourd’hui, une valeur complètement polémique.
La secte, c’est un groupe qui est autocentré et exclusif, para totalitaire en quelque sorte, qui veut intégrer des individus, les exploiter, les mener, les contrôler et qui en fait gêne l’ordre public et qui contrevient à la vie en société et qui contrevient à la liberté essentielle de la personne". 2

 

La Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes définit le sens du mot secte par "Un groupement ou une association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs religieux, dont le comportement porte atteinte aux droits de l’Homme et à l’équilibre social ". 3

 

"Depuis une trentaine d’années, avec l’avènement des "nouvelles sectes ", réel phénomène sociologique, on assiste à un glissement, à une évolution sémantiques du terme "secte". C’est ainsi que dans le langage courant, dans les médias, dans l’opinion publique, le mot "secte" a pris désormais une connotation péjorative et a fini par désigner pratiquement et uniquement les sectes dangereuses, destructrices, en raison de leurs agissements, de leurs comportements. On peut même remarquer, que ce mot "secte" apparaît de plus en plus en ce sens dans les attendus des Tribunaux des Cours d’Appel, du Conseil d’État et de la Cour de Cassation. Les mots s’usent, évoluent, quand on s’en sert.
Donc, ce mot a évolué : hier on l’employait pour désigner des groupes religieux ou philosophiques, sur un plan doctrinal. Aujourd’hui, on l’emploie pour dénoncer les comportements sectaires, les groupes totalitaires, sur un plan comportemental.

Le masque religieux des sectes

Les "sectes sectaires " ont bien compris l’intérêt de cette ambiguïté des termes et l’utilité de se présenter comme des "religions ", y compris celles qui, au départ faisaient ouvertement profession d’athéisme. D’autant plus qu’elles espèrent ainsi obtenir certains avantages fiscaux ou juridiques réservés aux associations cultuelles. En se parant indûment d’un masque religieux, elles entendent donner d’elles-mêmes une image d’honorabilité et de respectabilité.

Redoutant plus que tout que leur soit appliqué le vocable désormais si péjoratif de "secte ", elles veulent être appelées "religions", "églises ", "nouveaux mouvements religieux ". Céder à cette demande serait une erreur grave qui contribuerait à entretenir la confusion, car il est clair qu’il existe des sectes qui ne sont pas des religions, des religions ou des nouveaux mouvements religieux qui ne sont pas des sectes, et que des vieilles religions peuvent devenir des sectes.

Enfin pour se protéger contre toute accusation, il ne restait plus qu’à invoquer le motif de discrimination en matière religieuse et se déclarer des religions ou des philosophies minoritaires persécutées, victimes de l’intolérance et du mépris. 4

Sources :

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   1 - Le Petit Larousse,
2 - Jean-François COLOSIMO, Sectes et Religions,
C dans l’air, France 5,
3 - Rapport 1999,
4 -Père J. TROUSLARD, http://prevensectes.com
Georges FENECH, Face aux sectes,

Imprimerie des Presses Universitaires de France, ISBN 2 13 049876 0